Partager l'article ! La NEF Des FOOT Ou La JSK, M-Ch HANACHI Et Les SUPPORTERS De... LHADJ BOUTEF' !: Dernière minute : Maroc : 4 - Algérie : 0... X ...
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Dernière minute :
Maroc : 4 - Algérie : 0... XABZA(*) !!!
C'était bien La Nef des Foot !
À un Ancien, un vrai, qui se reconnaîtra...
Ann Katherine
Porter[1] eut une vie difficile et fertile, faite de désillusions, d’engagements et d’au moins une réussite littéraire.
Elle avait repris le récurrent thème de la folie
militante des hommes pour, dans son futur best-seller[2], scanner dans l’enceinte close et ventrue d’un angoissant navire
traversant l’Atlantique à contre-courant de l’histoire d’alors, un échantillon d'une humanité en perte de repères, à la veille de se laisser entraîner dans la plus terrible tragédie jamais
vécue par elle, sauf autre à venir. Ainsi va notre aventure, celle de l’Algérie…
Amacahu… Il était une contrée bénie des dieux, grenier pour des empires, paradis pour les nomades, vergers paradisiaques, gorgée de gaz, de pétrole et autres trésors qui plus est, qui a donné à l’Humanité une Kahina, un Jugurtha, un Saint Augustin, un Ibn Khaldoun, un Mohammed V, un Bourguiba, un Abane, un Ben M'Hidi et d'autres, hommes et femmes. Il était donc une fois cette contrée dont, au hasard des aléas de l’Histoire, un morceau de choix est devenu ce pays nôtre : l’Algérie... L’Algérie du troisième millénaire, toujours prise en otage par une caste de bâtards politiques de notre histoire immédiate. Caste issue d’une alliance contre-nature, organisée et forcée, de l’adret de notre sang historique d’un côté, de l’ubac engendré par un syndrome de Stockholm transposé au profil strictement épicurien du couple colonisateur-colonisé de l’autre.
Mis à l’épreuve du siècle du Village Planétaire, les tenants de cette caste se sont donnés pour seule et
unique stratégie politique celle de paraître. À défaut de donner le change. À tout de moins d’être tolérés. En tout cas d’être oubliés au tableau du déshonneur de
l’indignité humanitaire en tout dernier ressort.
L’apparition pathétique dans le champ des caméras du monde entier d’un Boutef venant, profil bas, très bas, faire courbette devant la communauté des chefs d'Etat du dernier
G81/2 et, vainement, quémander quelque salvatrice marque de connaissance, poignée de main ou simple sourire, fut-ce de commisération, restera comme la dernière
page de la diplomatie à crédit d'Alger . Celle-là même qui, jusqu’à il y a peu encore, donnait aux pigistes attitrés d’El Moudjahed matière à ériger leurs dernières colonnes. Fini !
Niet tovaritch ! Il va falloir trouver autre chose…
Depuis l’Indépendance, la politique algérienne s’était acheté un cache sexe à coups de pétrodollars pour l’extérieur et, pour ses indigènes, un vadémécum localement disponible et, finalement bon marché. Les empereurs de la Rome antique avaient découvert et organisé les vertus politiques des jeux. Dans l’Allemagne de ces années de folie, justement, un caporal illuminé s’y était essayé aussi. A la même époque, un capitaine en goguette du côté de chez nous avait, dans l’indifférence complice d’un monde tétanisé par l’onde de choc de son fol aveuglement, réussi son golpe. Avec un savoir-faire efficace, il instaura la Corrida comme art et manière de museler l’intérieur. Et d’être toléré par l’extérieur.
Les nôtres eux, s’en sont tenus au foot.
Comme à l’époque des haraga et des immolations par le feu la grosse ficelle commençait d’être usée, ils ont repéré une possible ligne de flottaison porteuse qui, en passant par d’appréciables résultats obtenus sur la dynamique euphorie de l’Indépendance par le football algérien tant au Pays qu'à l'Etranger, allait de la mythique équipe mise sur orbite par la Fédération de France de l’Algérie Combattante à un dieu vivant nommé Zizou. Lequel, ça tombait bien, venait de raccrocher ses crampons magiques pour rentabiliser son potentiel médiatique. On était fait pour s’entendre : l’un avait une captivante aura et les autres un épais matelas de dollars mais, ironie du sort, étaient en quête de crédi ! Sans se soucier de nécessité, nos Thénardier politiques avaient jugé que, vu au travers de leur œilleton à courte-vue, cela était suffisant. Et que donc il n’y avait qu’à faire avec. Va donc pour le foot pour servir d’apparent vecteur de crédibilité politique : un ballon comme bouée de sauvetage au cou d’un homme de paille convoqué au pouvoir au motif, et c’est bien là le comble, que lui aurait un potentiel et une crédibilité diplomatiques reconnus ! Pauvre Algérie…
Résultat des courses :
Non seulement on a organisé des défilés-manif’ avec bus à impériale et mobilisation de l’Unique [3] des grands jours pour des joueurs réduits à brandir, faute de trophées, des quadrichromies de ce pauvre Boutef'. Mais
on a aussi vu ce même et tout aussi pauvre Boutef’ réduit à jouer les Kim Ill d'il y a vingt ans en squattant, à l’occasion d’une routinière finale de coupe, le petit écran pendant à
tout le moins une pleine heure sur les trois tout au long desquelles le service du protocole avait imposé d’étirer la cérémonie. Ce qui donna une rude épreuve pour notre Petit Corps
Malade lui-même déjà, mais surtout pour les téléspectateurs tenus de supporter tel drôle de poulain s’ils voulaient voir leur match. Rudement cher payé... Accessoirement, rude épreuve pour
l’économie du pays aussi, d'ailleurs : un jour de finale de coupe, une seconde de réclame à la télé se monnaye en millions d’euro dans les nations en ordre de marche ce qui, il est vrai,
n’est pas le cas de l’Algérie. Mais on sait que l’Economie, nos plénipotentiaires s’en tapent. Qu’importe le coût, du moment que l’illusion est censée être là… Ceft kifah,
ya xu ?!..[4]
En passant, et sur un tout autre registre :
Parmi les pubs heureusement (!) venues émailler la table ronde préalable et encadrant le match, mortelle d’ennui car n’en finissait pas de durer parce qu'il fallait essayer de synchroniser le dictatorial impératif de l’appel (télévisé…) à la prière du soir avec la fenêtre des citrons, j’ai vu l’écran de Nedjma[5] qui mettait, histoire de symboliser la liberté qu’était censée procurer ses produits ou services, deux jeunes (des garçons, bien sûr…) juchés sur une mobylette à travers la circulation, qui slalomaient et sans casques ! Mais soyons justes: tromperie sur la marchandise mise à part, c'était plutôt bien vu par Nedjma : pour l'amour de la liberté, la vraie, la jeunesse algérienne joue avec des risques autrement élevés et des feux autrement infernaux.
Et encore ceci, plus quotidien et terre à terre : la folle dictature du religieux sur les médias. Laquelle dictature
justifie sa raison d’être par le volume du temps d’antenne obtenu sur leurs diverses grilles. Je vous parle de cet anachronisme ici car un humaniste de son temps et de son peuple, Sébastien Brant[6],
le premier à avoir popularisé ce titre de La Nef
des fous, choqué qu’il fut par les dérapages et abus dont se rendaient coupables certains religieux, déjà, nous écrivait ceci, du fin et lointain fond de ses Flandres natales,
en l'an de grâce 1494 s’il vous plait :
Mieux vaut rester laïque que de mal se conduire en étant dans les ordres (religieux, ndlr).
Il nous faut, à nous Algérien(ne)s notamment, l’avoir lu près d'un demi millénaire plus tard pour le croire. Comme ça, Algérien(ne) ou non, au moins vous aussi l’aurez lu. Et cru
Glissons enfin de ce monde de Fous vers notre sujet, sa majesté Ze Foot :
A tout bout de match, on voit des présidents de club prostituer leur honneur, s’ils en avaient jamais, en faisant exhiber, pour citer la honte la plus courante, la binette de notre tête de turc nationale dans le carré réservé à leurs supporters obligés. Comme à Bgayet[7] il n’y a pas si longtemps encore. Cela, tout en étant grave en soi dans la mesure où leurs titre et responsabilité leur imposent un devoir minimal de réserve civique, pose des problèmes d’une autre nature au vu des limites que leur obséquiosité les a poussé à franchir :
Qu’un Mohand-Chérif Hanachi se soit senti, d’une façon ou d’une autre, tenu de renvoyer un probablement dû ascenseur à des tuteurs et/ou commanditaires aurait pu se comprendre s’il s’était contenté d’avoir eu le courage de publiquement distribuer, à visage découvert et à titre personnel, quelques tracts ou d’avoir, nuitamment et incognito, apposé une affiche représentant son jockey. Voire même de faire ou de recevoir un don, sous le manteau ou non. Passons… Mais de là à se transformer es qualités en agent éléctoral patenté du dernier des Malgaches, il y a un pas qu'il a eu tort d'avoir franchi.
Car, et en cela nos ex-colonialisateurs tout comme leurs tristes successeurs indigènes sont mieux que personne bien placés, tout un chacun sait[8] que notre histoire a fait que la Jsk est, d’abord, une institution porteuse et symbole de revendications et valeurs civiques de tout temps mises à l’honneur en Kabylie, sa région d’émanation : la solidarité sociale et l’affirmation de notre identité nationale, culturelle et politique. En clair, du fait du sort que les uns et les autres se sont accordés à nous faire, une sorte de parti politique idéal et pacifique, commun à tous ceux et toutes celles qui, en Algérie, se revendiquent de ces valeurs. Un honorable club sportif ensuite. Et, en l’état actuel de la perception que la population de Kabylie et même de l'Algérie a de la Jsk, c’est ce symbole, avec toute sa signification et sa force, que Monsieur Hanachi a mis en jeu dans ses errements politiques, si on peut parler de jeu ici.
De même que les intentions et l'orientation politiques de ce qu’a fait le président de l’Usmh[9], qui a conduit ses joueurs et autres cadres de son club à se déguiser en hommes-sandwichs à la gloire d’une marionnette en fin de cycle, n’a pas besoin d’être explicité plus avant ici, sinon pour rendre hommage à ceux qui, rares joueurs ou membres du staff, ont choisi de se démarquer d'un tel affront fait à leur club. Et rappeler que, tradition ou non, ledit président a empoché de la part de son maître, au titre de son club, la même somme que son heureux adversaire du jour, Mohand-Chérif Hanachi, la Jsk ayant remporté l’épreuve : trois milliards... Comme le clamaient les thuriféraires de service, en omettant de préciser que, ce faisant, ils comptaient en centimes de dinars - et donc qu'il faudrait diviser par près de16000 pour voir à quoi correspondraient; en euro , ces fameux milliards! Tout comme si Sarko, pour chambrer son ami, lui faisait remarquer qu'en France le smic était à 16 millions!.
A noter que, pour son honneur, l’équipe de la Jsk ne s’est pas laissée aller à cette pitoyable mascarade de promo pro Boutef'. Pour ce qu’on aura pu en avoir vu à la télé en tout cas. Mais que, pour le déshonneur de son président, Mohand-Chérif Hanachi donc, ce dernier, dans sa quête effrénée de l'argent, a cholsi de faire passer son équipe, en matière de sponsoring, d'un partenariat avec Peugeot à un rôle de caution morale et politique pour Echourouk ! Les initiés apprécieront.
Le hasard a fait que ce fut lors de la table ronde encadrant ce match Usmh-Jsk[10] qu’un autre ponte de l’Usmh, préposé à la com’ si on a bien compris, s’est laissé aller à parler de supporters de Lhadj Boutef' ! Avant de se mordre la langue jusqu'au sang pour se reprendre : il voulait parler de ceux de son club, l’Usmh, évidemment. Mais il y a de ces lapsus qu’on a du mal à imaginer innocents…
Il faut dire que de tels abus, malheureusement fréquents par ailleurs et dont nous ne donnons que ces exemples d'actualité ici, peuvent aussi être constatés à l’échelle de l’En chaque fois qu’elle a pu avoir gagné ou défendu un semblant d’honneur s'entend. Il faut faire en sorte que ces abus soient systématiquement dénoncés pour être clairement perçus par la conscience civique collective pour ce qu'ils sont et aux fins que, autant et dès que possible, il en soit demandé et obtenu compte. Et même réparation pour les clubs ainsi dévoyés et spoliés, à juste hauteur du préjudice subi.
Il faudrait voir ce qu’en auraient écrit nos chroniqueurs sportifs – je ne parle évidemment pas de ceux émargeant à l’Unique, à El-Moudjahed, ou à Echourouk et consorts. Et s’ils n’en avaient rien rapporté, il est bien plus que temps qu’ils s’y attellent. Après tout, c'est d'abord pour ça que leurs lecteurs achètent leurs journaux, avec l'argent qui sert à les payer.
Crédits des illustrations à venir. Merci pour votre compréhension.
La Nef des ... Foot : lesoirdalgerie.com
Peuple embarqué sur la Nef des Fous par Ariirau : tahitinui.blog.lemonde.fr
S. Brant par Duhrer : t1.gstatic.com/
BouteFellini : Liberte-algerie.com
K.-A. Porter : csustan.edu
[2] La Nef des Fous, 1962, porté à l’écran par S. Kramer avec toute une pléiade de vedettes, dont certaines révélées ou confirmées par ce film. Ce (beau) titre avait déjà été (littérature, peinture, etc.) utilisé au moins depuis le bas Moyen-Âge. Et depuis les années 60 encore et à plusieurs reprises pour divers projets ou produits à caractère culturel.
[3] C’est ainsi que les Algérien(ne)s appellent leur télévision d’Etat à défaut d’autre. Mais en effet, pas possible de se tromper : elle est vraiment unique ! Voyez le modèle Export, Canal-Algérie, si vous voulez vous faire une idée liftée de La Chose.
[4] T’as vu le look, mon frère ?!..
[5] Téléphonie sans fil ( ?). Merci Kateb…
[6] 1458-1521, Strasbourg. Auteur de nombreux écrits. Sa Nef des Fous fut un considérable succès d’édition.
[7] Vrai nom de Bougie (en français) et de Bdjaya (en arabe).
[8] Au moindre frémissement politique, à l’échelle du pays ou de la seule Kabylie, les uns et les autres ont, pour premier réflexe répressif et chaque fois que cela leur a été possible d’agir en ce sens, eu celui de débaptiser la Jeunesse Sportive Kabyle, pour effacer de son glorieux nom toute référence identitaire, historique et/ou régionale. Quitte à, pour certains, aller jusqu’à se livrer à des contorsions siglo-linguistiques d’un ridicule d’anthologie. Comme, sous Boumédiène et par exemple, d’avoir été jusqu’à imaginer une signification à proprement parler astronomique (et arabe, ça va sans dire…) censée occulter celle de Kabyle du K de Jsk !!! Il fallait le faire. Nos dictateurs d’Alger l’ont fait.
[9] Mohamed Laïb.
[10] Finale de la Coupe d’Algérie 2011 : Usmh (club algérois apparemment bien en cour) vs Jsk, qui allait remporter l’e trophée (0-1).