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Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 15:35

D'Un Monde À L’Em... pire !

 Du Coran, je retiens une chose :

Qu’un ouvrier devrait être payé avant que la sueur n’ait séché sur son front.


Dans son allocution d’hier soir, le samedi 27 février 2011, Nicolas Sarkozy a utilisé, en référence à la situation que connaissent les pays de la rive sud de la Méditerranée, Kadafiles expressions de peuples arabes et de révolutions arabes, jugeant pertinent de relayer un récent titre de couverture de l’Express.

Au-delà, les communicants des vastes mondes politique, médiatique et plus ou moins intellectuel sont, hommes et femmes pour une fois équitablement représentés, chaque jour nombreux à parler de monde et de peuple(s) arabe(s). En France et dans les sphères rentières et peu ou prou encore dirigeantes dans les pays concernés, avec plus de zèle qu’ailleurs.

Pour introduire le bien-fondé de mon sujet, je m’en tiendrai à l’examen de la notion de monde arabe, telle que perçue d’un point de vue plutôt algérien, le résultat de mon propos allant rendre inutile toute autre digression autour des notions de pays, peuples, révolutions et, plus rarement, de … victoires arabes, s’agissant d’épisodes guerriers ou footballistiques, et pouvant être aisément transposé à d’autres points de vue nationalitaires. Mais, d’abord une anecdote :

Il y a une quinzaine d’années, dans le cadre d’un cours que je donnais à l’Université Paris7 Denis-Diderot (Anthropologie du Monde musulman), j’avais demandé à mon auditoire, bac +2, +3 et auditeurs libres motivés, si la notion de monde arabe était claire dans l’esprit de chacune et de chacun. Une unanimité de circonstance vint corroborer l’empathie dont, à raison ou non, chacun s’estimait redevable envers moi, eu égard à la consonance de mon nom et à ma nationalité, algérienne, j'imagine :

-  Bien sûûûr, monsieur…

Je fis faire une interro express et soumis chacune des définitions proposées à une critique collective. Le résultat fut que, réflexion faite et méthode Coué mise à part, aucune des propositions rendues ne recueillait une adhésion bien comprise ni, encore moins, objectivement recevable. Le résultat pourrait, aujourd’hui et concernant la dimension strictement géographique de la question, être différent avec Google maps. Mais ce n’est pas vraiment là le fond de la question.

Ensuite, il est loisible de constater que, sans aller jusqu’à étendre l’amalgame au point d’annexer l’Indonésie ou l’Europe, ce que des rhéteurs ispirés osent sans hésitation, et hormis et dans une mesure certaine pour les pays du Golf, les peuples visés et couverts par ce vocable de monde arabe sont pour bonne part kurdes, persans, juifs, et autres ethnies peuplant la vingtaine d'autres pays conernés. On y reviendra… Mais, plus significativement déjà, les peuples berbères, Imazighen, en Afrique du Nord, de l’Egypte jusqu’aux Iles Canaries et de la méditerranée aux confins septentrionaux du Niger et du Mali - lesquels Imazighen, berbérophones et/ou arabophones devraient constituer le gros demi de la population de ce monde qu'ils disent arabe. Et que, ces peuples arabophones ou non mais non arabes ont, partout et à des degrés divers, connu les vicissitudes impérialistes de l'arabo-islamisme, allez donc savoir pourquoi.

Reste que la langue berbère, jusqu’au XIXème siècle largement majoritaire sinon exclusive en ces contrées nord-africaines, a été systématiquement et stratégiquement gommée et réprimée. Du fait des colonisations déjà et cela depuis les tous premiers débuts, mais, surtout, du fait des pseudo-nationalismes arabo-islamistes autocrates ou mis en place au lendemain des indépendances pour instaurer ces régimes dont l'incurie explose aujourd’hui aux yeux du monde, comme les vomissures d'un corps au dernier degré métastasé. Ces mêmes régimes dont l’un des meilleurs connaisseurs – et heureux rentier – Abdelhamid Mehri, vient de dénoncer la véritable nature dans un mea culpa remarqué qu’on peut résumer par :

Depuis l’indépendance, nous avons eu tout faux, tout le temps.

Sans aller non plus jusqu’à s’attarder sur la question de savoir pourquoi n'évoque-t-on jamais équivalemment la notion de monde berbère, allons droit au terme de notre sujet et examinons les identifications suivantes :

 Mondarabe Arabe = musulman,

Musulman = islamiste,

et  monde arabe = Monde arabophone.

Notons déjà que toutes ces identifications, les mots justes seraient amalgames ou mystifications, s’accordent à faire une complète abstraction des populations non arabophones, notamment de celles exclusivement berbérophones, et assimile les nombreux berbérophones également arabophones à des Arabes, et à rien d’autre. Ces populations que, dans l’une de ses nocturnes fulgurances, Kateb Yacine avait appelé la bombe atomique à retardement du Maghreb ! Et ce sont ces oublis et ces assimilations que Robert Jaulin aurait peut-être appelé un ethnocide militant.

Disant cela, c’est-à-dire dénonçant sans ambigüité ni complexes un discours ethnocidaire et raciste qui fait abstraction d’une ethnie et la réprime sous diverses formes, qui donc lui dénie le droit à l’existence comme le nazisme l’avait fait à l'encontre de la race juive et autres crapauds,  je  pense qu’il se trouvera toujours de ces ignorants pour me traiter, moi, de raciste. Cela je l’assume et je fais avec, faute de quoi je me retrouverais complice de leurs visées et intentions en me taisant, ce dont ils font le terme de leur engagement à eux.

 

La seconde  assertion, musulman = islamiste, relève d’une option axiomatique qui prend le parti de politiser la religion, en attendant qu’à terme cette dernière théologise la politique pour, une fois assise, et suivant en cela la mécanique dialectique de toutes les religions, distraire à la portée des consciences et des esprits le discours et l’action politiques de la conduite non pas des affaires de la Cité, mais de la Cité tout court puisque la grande et seule affaire alors serait de conduire les cités, à l’instar de ces troupeaux de moutons guidés, via d’obscurs tunnels, vers les chaînes d’abattage par un des leurs, lui noir ou ainsi peint, et auquel on aura pris soin d’avoir appris à éviter l’issue fatale pour qu’il puisse servir encore. Il en va toujours ainsi dans les pays dotés d’un Etat théocratique car les religions, prétendument conçues pour l’élévation des âmes, sont, en fait, des  constructions dialectiques qu’on pourrait, sans jeu de mots, définir comme étant des sciences sans conscience. C'est-à-dire sans responsabilité vis-à-vis d’un protocole de contrôle universel et interactif et à chaque instant porté à son plus exigent niveau de référence faute, par définition même,  de pouvoir supporter face à elles ou en leur sein la seule existence d’un tel protocole.

Cette option, la plus pernicieuse des trois, gagnerait à être comprise sous la forme Islam = intégrisme plus claire et qui présente l’avantage d’expliciter les fins inavouées de sa mouture sinon d’apparat, du moins jugée sortable. Cette assertion considère l’Islam non plus dans ses intention et identité religieuses, mais comme un moule polyvalent à l’Univers dont la matrice canonique ne serait qu’un prétexte pour gagner les âmes en attendant d’asservir les esprits. Et accessoirement les corps aussi, les femmes en savent quelque chose chez nous déjà, au pays de l'infâme Code de la Famille, sans parler de l'esclavage ou de l'infanticide au féminin par-ci par-là

Pour cela, elle est donc, de façon tout aussi axiomatique, rejetée ici.

Et c’est pour ignorer ce rejet que les tenants de son pendant, l’intégrisme musulman, autrement dit l'islamisme, freinent des quatre fers pour éviter tout débat sur le thème de l’Islam dans son environnement spatio-temporel et social notamment.

Le système algérien qui, avec Chadli au présentoir, avait expérimenté au bénéfice médiatique et politique d’un Abbas Madani et d’un Ali Belhadj les implications directes d’une telle hypothèse aurait pu devoir faire  acquitter à notre peuple, s’il avait fait le pas de trop dans cette hypnotique direction, un tribut autrement plus lourd que celui au prix duquel la Patrie a finalement réussi à sauver son âme.


La première assertion, a(A)rabe = musulman, projette, elle, de développer une opération impérialiste à peu de frais : des penseurs d’un autre âge et à tort ou à raison soi-disant issus de quelques gouttes de sperme qui seraient marquées par on ne sait quel germe élu, appellent à se soumettre à eux des semblables dont les aléas de la coexistence planétaire ont fait qu’ils en sont venus à partager avec eux un idéal cultuel. Et ce développement se fait au terme d’un syllogisme aussi spécieux que poreux :

- L’Islam serait d’origine arabe. Indépendamment du fait que j’ai toujours cru comprendre qu’en tant que religion l’Islam se devrait surtout d’être d’origine divine, il est seulement – et généralement - à ce jour admis qu’il aurait été initialement exprimé en arabe. Et, à supposer qu’une caractérisation ethnique et spécifique puisse aller de soi, s’agissant de la qualification d’un discours en principe destiné à l’entendement humain, dans toute et la et la seule spécificité de ce genre qui nous définit, tous. Cela n’est pas vraiment la même chose que de parler de bijouterie kabyle ou de choucroute alsacienne, pour nous en tenir à des références unanimement reconnues et appréciées. Et le fait que la notion de religion juive puisse, spécialement et a priori en tout cas, faire un semblant de sens, ne justifie en rien ce mot d’ordre politique d’origine arabe de l’Islam.

- L’Islam prônerait la fraternité, ce qui est possible. Sous réserve de voir entre qui et qui, à quelles conditions et à quel degré, pour une religion dont les plus zélés tribuns maintiennent par minoration des statuts spécifiques pour la Femme, l'Enfant, l’Esclave, le Vaincu… Comme toutes les autres religions en cela. Et, pour en finir avec ce récurrent rappel, par ailleurs révélateur d’une forme infondée   - même si elle peut être explicable - de culpabilisation , disons ceci : de toutes les religions qui, à des degrés divers, ont empoisonné un bien peu probable cursus vital idyllique de l’Humanité, les trois dites du Livre sont en bien honorables places. Ce qui, parmi celles-ci, distingue l’Islam est que celui-ci n’a pas encore fait ses mues post-natales : civique, dialectique, scientifique... Plus exactement, ne s'est pas donné d'interface de (sa) lecture liée au facteur temps, et à la perception optimale, au temps de référence, de la Cause de l'Homme, selon au moins ces trois paramètres. Et cela dans  un monde dont la dominante médiatique et économique a dépassé ces archaïques préoccupations, quand bien même l’examen des statuts constitutionnels des sectes s’impose avec une nécessité chaque jour plus criante. S'agissant de l'Islam, on en est encore à disputer du sexe des anges, comme de savoir qui d'un  Ben Laden, d'un Tariq Ramadan, serait plus télévisuellement jouable que l'autre.

S’agissant de la religion juive, donc, elle choisit, elle, de subir l’économie de ce débat en se cantonnant, face à son avènement depuis le siècle d’Hiroshima et du Village planétaire, entre la Shoa et la non-conception mentale d’un  Etat palestinien viable et vivable, géographiquement cohérent et perceptible, continu et sans trous déjà. Ce qui explique qu’elle se donne pour seul idéal présent d’indéfiniment retarder cet instant tragique où elle devra bien se regarder telle qu’en elle-même dans sa psyché et, accessoirement, se soumettre dans sa nue vérité face à une critique raisonnée et décomplexée, le jour lointain où le préalable de l’adoubement de la gouvernance des Usa par le lobby sionniste sera levé. Pour le reste, ces trois croyances sont absolument en chaque point interchangeables, modulo des adaptations analogiques, comme de calculer les distances en grain d’orge au pays de Shakespeare, ou en pipes, en face, dans celui de Van Gogh.

- Soyez donc comme nous et nous serons tous frères. Dans un sens univoque, ça de soi, la généalogie et au besoin le sabre étant toujours là s'il fallait rétablir des utiles déséquilibres, comme l’actualité le rappelle encore, par les voyous de mains des pouvoirs, place Tahrir au Caire ou contre le Rcd et la Cncd à Alger. Ou, de façon plus prosaïque, par le banditisme du 9-3. Nous ne pousserons pas la naïveté jusqu’à nous étonner de ce que, ne serait-ce que par chrétienne charité, pourquoi ce précepte n’est pas formulé, sinon par : Soyons donc tous comme vous, du moins comme quelque humaine condition qui, objectivement, aurait pu être égalitairement et, pourquoi pas fraternellement, définissable. En cette période de la Journée Internationale de la Femme, la question se transpose d'elle-même en ce monde de brutes que nos institutions mafieuses et machistes font aux femmes.

Les nazis appelleront ces clivages l’Anschluss et la théorie de la race supérieure. Bis repetita… Sauf que plutôt que de s’attarder à codifier toutes les différences, ils ont choisi de commencer par déjà éliminer du champ de leur conscience celles qu’ils jugeaient diamétralement opposées à la construction mentale qu’ils se sont donnée de leur ego intime. Ceci pour dire vers quoi mènent des projections intégristes de discours, surtout gravés, mettant en jeu le devenir de la condition humaine, quand ils sont tenus hors de toute mise en perspective historique et critique, et en transcendant inconsidérément les temps et les espaces physiques, ou d’analyse et d’interprétation.


Badinguet186001Venons-en à l’examen de la troisième assertion : monde arabe = monde arabophone.

Elle est la plus massivement exprimée. Elle exprime l'identification abusive d’une ethnie – ou race – à un autre paramètre identitaire – ici la langue – qui, s’il est vrai qu’il peut être au premier généralement connexe, voire consubstantiel ou élément strictement constitutif, peut en réalité traduire une interférence (recoupement partiel) stricte, une inclusion ou une contenance, tout autant strictes. De nos jours, l’exacte coïncidence pourrait exister dans des cas de micro sociétés encore isolées du reste et du passé quantifiable du monde. Ce sont les mêmes abus de langage et dialectiques qui, par ailleurs, sont fait avec religion et ethnie, ou avec religion et nation, nation et langue… tout cela d’autant plus souvent que de raison que parce que sous-tendus par des calculs intéressés. Et, de fait, la géopolitique des colonialismes des deux ou trois derniers siècles déjà (mais cela remonte jusqu’aux Indes et même avant, Voltaire et Las Callas en avaient dénoncé les errements) a fait que ces confusions se sont propagées de façon véritablement pandémique. En leurs temps, Un Ibn Khaldoun, Un Michel de Montaigne mais aussi et plus près de nous, un Jean-El Mouhoub Amrouche, étaient bien plus attentifs aux sens des identités des peuples, qu’ils en fussent issus ou non.

  Une version in et supposée branchée, tout récemment encore et à titre d’exemples plus ou moins choisis, Le Monde dont, par ailleurs et avec  raison et science, de savants chroniqueurs nous expliquent qu'on serait fort malvenu de confondre peuples ou pays nordiques avec leurs équivalents scandinaves, mais aussi un Noël Mammaire - qu’on pourrait imaginer en ce domaine plus averti et plus altruiste -, semblent préférer       l’expression de monde arabo-musulman. Viendrait-il au républicain et précis esprit d’un Noël Mammaire de définir sa Verte et belle Europe par un vocable du genre Monde latino-chrétien, sinon catholico-latin? J’ai même entendu ces jours-ci un autre champion montant de l’Europe des peuples venir nous soûler, lui, avec une resucée nassérienne : Le Peuple Arabe ! Avec des majuscules un peu partout, je suppose, ainsi que le calligraphiaient avec une ferveur zélée nos thuriféraires es propagande sous Boumédiène, chez nous . Passons…

Arabo-musulman, donc. Le menu peuple est sensé n’y voir ni malice ni à redire et, pour le reste, cela ajoute à l’ambigüité, ce dont les Trissotin et les frustrés valident la sophistication de leurs savoirs. Ces braves gens ne se donnent même pas la peine de préciser leur prose : s’agit-il d’un monde qui serait arabe et musulman, arabe ou musulman ?  Ce monde inclurait-il l'archipel des Canaries dont la population indigène est, elle aussi, berbère, ou celui des Commores pour être, lui, touché par la grâce de l'Islam? Prend-il en compte les Jeunes et leurs grands frères de ces quartiers et les surpopulations des prisons, univers d'office sexués mâles ? Fait-il abstraction de ceux qui, pour le coup, pourraient être de vrais Arabes, en Israël ? Et quid de leurs Indigènes à eux, égaré(e)s – ou non, d'ailleurs – qui veulent vivre une expérience exotique à moindre risque car eux et elles savent bien que, le jour où ils jugeraient les limites de leurs trips au bout de leurs nuits atteintes, ils auront toujours à portée de portable ou de souris un média et son opinion, un Etat et ses institutions, sinon son bon droit. Passons... Passons, puisque d’autres peuples qui se dénombrent en dizaines, en centaines de  millions, sont, en silence mais sans états d’âme, passés par perte et profit dans la coupable et complice inconscience des sociétés de consommation. Pour quelques barils de pétrole ou d’équivalent gaz. Pour un riyad dans une médina, un pied-à-terre dans une kasbah, une rivera les pieds dans l’eau…

Par contre un exemple, pour montrer jusqu’à quel aveuglement collectif ces chemins, admis être de plus grande pente parce qu'empruntés par un (plus?) grand nombre, peuvent conduire :

  Au moment où je reprends ces lignes suite à un bug stupide – écrire sur un blog sans filet –, j’écoute les chroniques que Daniel Mermet, entouré de tout son staff et d'invités occasionnels, ont regroupé sous le titre éponyme de Paris arabe, repris de celui d’un livre dont l’auteur, me semble-t-il, était l’un des intervenants de référence. Ne revenons pas sur tout ce qui est dit ici qui s’applique presque tel quel à tout le fil conducteur de la série des (deux ( ?)) émissions. Mais Daniel Mermet est quelqu’un que j’ai connu au moment où des vivables galères nous avaient simultanément embarqués sur des rus qui avaient à l'occasion convergé. Et c’est peut-être à quelque proustienne madeleine l'ayant renvoyé à cette période de sa vie qu’il a dû d’avoir instillé un Berbères et autres dans le fil conducteur de ses commentaires. Mais, fondamentalement, il a navigué, parlant du Paris qu’un Feraoun avait évoqué et qu’un Slimane Azem a fixé dans notre mémoire collective, entre des répétitions redondantes jusqu’à l’abus des mots A(a)rabe(s) et, à l’occasion, arabo-mulsulman sensé préciser je n’ai pu vraiment comprendre quel aspect de son propos. Point d’orgue de tout cela, Daniel dont je pense qu’il a, après son service, retrouvé l’Algérie grâce à Vava Inou Va, le tube absolu en nos pays comme en émigration, en cette période des années 70 qui nous a fait nous rencontrer et nous connaître, grâce à un Djamel Allam et autres Aït Menguellet, Daniel, disais-je donc, a validé un riche – et bon – programme d’illustration musicale pour son plus clair fait de folklore (néo-?) pied-noir, de Rayah, de word et de rap ou assimilé, pour l’essentiel arabophone, et entre parenthèses francophone. Même l’évocation fût-elle symbolique du millénaire message d'une Taos Amrouche à laquelle le Théâtre de Ville à dû d'avoir ouvert son nom et sa mission à des milliers d'immigrés qui n'avaient jamais rien connu du quartier du Châtelet qu'une station de métro, de celui d'un Slimane Azem, repère incontournable de  la mémoire de l’immigration de première génération, de celui d’un Matoub honoré à la Sorbonne par la Fondation de  France et mort d’avoir sans relâche pointé de ses chants autant vengeurs qu'accusateurs l’impérialisme arabo-islamiste et dont ce même Paris arabe, donc, accueille la mémoire dans une placette du 19ème arrondissement. Il s'en serait retourné dans sa tombe, le pauvre. Pas plus que celui du très médiatique - et médiatisé, par France Inter et Antenne 2, notamment - "Groupe de Femmes Algériennes" Djurdjura n’a trouvé preneur au regard de la compétence de ses assistant(e)s chargé(e)s de cet aspect de la question, ne serait-ce que eu égard à la proximité de la Journée Internationale de la Femme.

Tu aurais, Daniel, pu me faire écrire sans flagornerie aucune que ces émissions étaient bien faites, bien documentées, et d’un intérêt pédagogique sûr. Je dois écrire que ces émissions étaient bien faites, mais qu’elles sont passées à côté de leur sujet, en se limitant à en donner une perception partielle et disproportionnée, superficielle et gauchie. Dirais-je Ppda, Daniel Mermet, même combat ? Certainement pas. Mais il faut constater que sur cette question de l’identité historique, politique, culturelle, humaine, tout simplement, des peuples du Nord de l'Afrique, leurs fauteuils se sont retrouvés installés dans un même courant d’alizées factices, à leur décharge porteurs s'il faut le rappeler. L’un parce que cela reste le sens de son éthique et le fonds son commerce, l’autre parce qu’il s'est laissé aller à oublier ses classiques: si les bons sentiments peuvent ne pas être de nécessairement mauvais conseil, ils ne suffisent malheureusement pas à nécessairement faire bien. Et à encore moins faire le bien, d'ailleurs, mais cela est une autre affaire. Et comme on le voit, pas seulement en littérature...

  Reprenons. De fait, la confusion entre a(A)rabe et arabophone, le plus souvent non seulement voulue mais militante, même, ne repose que sur l’usage, implicite et intéressé, autant répété qu’abusif et calculé, qu’en ont fait les uns et les autres pour pouvoir continuer à tirer leurs marrons du feu non seulement sans risque, mais en en tirant des titres de gloire et de bravoure, même ! En clair à rentabiliser à leurs seuls comptes et profits les bénéfices, à la force du sabre ou du feu quand il s'agissaient de colonisateurs, de façon un peu moins systématiquement raciste, mais de façon toute autant triviale quand il s’agit d’Indigènes recyclés en clan de pouvoir, quand bien même ils ne seraient, comme pour certains d’entre eux et en Afrique du Nord, en rien arabophones ni, encore moins, Arabes : ils s’accaparent les trésors des guerres et les retombées si on peut ici dire morales des luttes pour les indépendances (comme, à titre d’exemple et en Algérie, le sigle Fln et le titre d'El Moudjahed, respectivement pour un parti politique et un quotidien de propagande en deux éditions, dont aucune en tamazight, et tous deux au service inconditionnel du système étatique qui les nourrit) et, par la suite, les flots de pétrodollars et/ou de devises tirés du tourisme, de l’immobilier spéculatif, de l’agriculture, et de toutes sortes d’autres trafics : corruption, drogues, prostitutions... La confusion linguistique, et donc dialectique, et donc politique, est bien utile pour arriver à ses fins – ou s’y maintenir – en pareilles circonstances.

Pour en venir à notre démonstration proprement dite, d’abord un rappel. Napoléon (pas Badinguet, l'autre : Le plus Petit de 3 cm que notre national Boutef ') avait coutume de dire qu’un bon schéma valait mieux qu’un long discours. Cela peut en effet faire sens en y mettant ce qu’il faut de précisions, mais restera un peu court. La formule définitive nous vient, une de plus, d’Einstein qui, pour expliquer à ses disciples un précepte aussi basique que trop souvent mal compris de la logique, le fondement dialectique de la méthode du contre-exemple, usait de cette percutante expression :

Tous les exemples du monde ne pourront jamais me prouver que j’ai raison. Un seul suffira à établir que j’ai tort !

En France, justement, un contre-exemple, et un bon, qui ruine la valeur de cette affirmation arabophone = a(A)rabe nous est donné par le fait que, jusqu’au milieu du siècle dernier, si on ne parlait peut-être pas à tout bout de champ de Belgique française, on le faisait par contre allégrement pour le Québec, alors et sauf rarissime exception régulièrement qualifié de Canada français . Jusques et y compris dans des manuels pédagogiques.

Depuis, non seulement les choses ont changé, mais il ne vient plus à l’idée de personne de désigner la communauté internationale liée par un usage consistant du français autrement que par Espace  - ou Communauté - francophone.  A tel point que, de nos jours et même mise dans la bouche d’un Sarko, l’expression Canada français déclencherait un charivari diplomatique.

Naturellement, on peut se poser la question de savoir pourquoi ainsi deux poids et deux mesures. La première explication qui vient à l’esprit est évidemment la suivante :

Si des vecteurs dynamiques intellectuellement avertis, notamment des agents économiques, des médias et des politiques et même des soi-disant intellectuels, se retrouvent pour sciemment porter une confusion patente, c’est qu’ils y trouvent un intérêt manifeste : les Allogènes pour faire perdurer la rente colonialiste sous des formes moins outrageusement perceptibles que dans le bon vieux temps, et les Indigènes sensibilisés à ce nouveau deal pour percevoir ce qu’il leur faut bien accorder de retombées de cette manne pour s’attacher leurs utiles et dévoués services. Un exemple, pas si éloigné qu’il y pourrait paraître du thème de notre dissertation :

Dans les années 80-90, j’ai entendu l’un des premiers patrons du Point (Claude Imbert ?) expliquer sur France Inter que, pour illustrer  un Spécial Algérie, ils avaient choisi comme illustration de couverture la tête d’une femme voilée, plus par atavisme  que par motivation réfléchie. Le service commercial, ayant été étonné par les bonds des ventes, le même type de protocole éditorial fut alors occasionnellement reconduit... Nul ne s’est  posé la question de savoir si les ventes avaient été boostées par la pertinence de la symbolique de l’illustration, le contenu informatif des contributions écrites, notamment du fait de la censure de toute parole libre sur l’Algérie, ou par une belle photo de Fatma voilée jetée en pâture aux instincts pavloviens d'un lectorat à la marge un peu macho, voire même un peu facho. Ni, encore moins, celle de savoir ce qu’il en aurait été du chiffre d’affaire réalisé si cette Fatma n’avait pas été voilée. KatiaBenganaA l’image de ce portrait, plein de rêves et porteur d’avenir. Celui de la jeune Katia Bengana que les islamistes allaient, quelques années plus tard, assassiner parce qu’ils avaient, eux, trouvé des brèches déjà d'ouvertes et qu'elle s'obstinait, elle, à refuser d’oblitérer sa beauté et sa vie. D'aliéner son devenir. Katia avait quinze ans... Mais les hebdos chromo du pays de Voltaire et de Zola ont préféré continuer d'exploiter à un niveau réflexe et primogradin un douteux et illusoire filon. Jusqu'à ce que, plus tard, leur propre pays commence d'y perdre pied, commence d’y perdre l’âme. Des délires fantasmagoriques de nos apprentis islamistes en Algérie, ils retiennent et nous appliquent à nous les principes fascistes de la régression féconde des risques de laquelle ils s'estiment exonérés, eux et leurs semblables, au prétexte que quelques Lumières, de Descartes à Badinter, via Hugo, de Beauvoir et autres Gallois, ont jalonné des empreintes de leurs génies les frontières civiques et morales d’une patrie qui les a vus naître, pour leurs bonheurs sans consciences. Et, aujourd’hui, leur perception perverse de la hiérarchisation des valeurs, entre déontologie et rentabilité, entre altruisme et égoïsme, entre éthique et coups de com’, entre humanisme et nombrilisme, les a amenés à faire pointer dans des sondages people la Droite extrême devant la Droite (et même la Gauche !) républicaine(s), en pays de Douce France. Et ils continuent, ils creusent encore ! Non seulement nous voyons, près de vingt ans plus tard et sans nous arrêter au Monde, à Libération et autre Nouvel Obs qui n’en finissent pas de désespérer leurs Billancourt respectifs, l’Express de Françoise Giroud et de Jjss leur emboîter le pas avec ses stupides couvertures dédiées aux « Révolutions » de ses « Arabes » mais, déjà, on avait eu droit à un voyou de la com’ qui, sur Tf1, première chaîne à l’Audimat télévisuel pour l’Europe, a illustré un reportage sur l’Algérie par des images venues de... l’Iran des ayatollahs de Khomeiny, sans se soucier de l’impact en nombre de vies humaines qu’allait induire sa sinistre fantaisie. Et, tout récemment encore, une tête d’affiche médiatique du Tout-Paris faire équipe avec un ministre algérien pour porter la bonne parole des potentats d'Alger via Europe1 et, pour faire bonne mesure et deux semaines plus tard, sur une chaîne de télévision d'Etat (?), Public Sénat, où il détient un confortable portefeuille aussi : comme le nuage de Tchernobyl l'avait fait pour la France de la bonne Michèle Barzac, le vent de la révolte arabe allait épargner l’Algérie au motif que seuls 250 (estimation officielle, selon El Moudjahed, autour de 3000 selon la presse) manifestants auraient justifié la mobilisation de… 40 000 policiers sur le seul site d'Alger! Vous avez bien lu : quarante mille! Dans toute notre histoire, il faut remonter au 17 octobre 1961 pour trouver, à Paris sous un De Gaulle occupé à faire des ronds de jambes à une chabanou en goguette, un Maurice Papon plus tard et une première fois de son vivant condamné pour crime contre l’Humanité pour ses initiatives ayant visé la communauté juive de France sous Pétain, qui préfigure telle perdormance : il qui avait, lui, mobilisé 30 000 agents des forces de sécurité pour contrer la manifestation initiée par le Fln,  par le vrai Fln s'entend, et à laquelle avaient répondu par dizaines de milliers de patriotes algériens, dont une jeune fille du même âge que Katia, justement. Je retrouverai son nom et sa photo. Elle s'était faite, ce 17 octobre, jolie pour aller manifester. Pour aller offrir sa vie à son Algérie. Pour qu’un jour, un AlgérienBoudiaf.jpg, un jour, peut-être, une Algérienne, même, symbolise et dirige ce pays. Et, une génération plus tard, parce que nos Malgaches ont détourné le fleuve de nos sacrifices, pour introniser des Ben Bella, Boumédienne, Chadli, Zéroual, et aujourd'hui un Bouteflika, Katia, avenir revendiqué de l'Algérie, a été assassinée. Par des des intégristes algériens, engeance programmée d'un Etat potilitico-maffieux et de communiquants aveuglés par leurs propres flashs.


Mais peut-être qu'aux motivations mercantiles de ce microcosme néo-colonialisme et politico-médiatico-clanique, faudra-t-il ajouter une dose, un soupçon de racisme. De ce racisme d'autant plus pernicieux qu'il s'habille bcbg et se maquille, certes grossièrement, en son verlan idéologique en cotant à la hausse les éléments de langage qu'il a inculqué à son autre pour s'identifier lui-même. D'autant plus qu'à l'échelle des Zep, se trouve ainsi motivé de zapper des programmes Hugo, Feraoun, Vian, Dib, les professeurs compétents et les labos coûteux. C’est tellement commode, comme l'écrivent encore (?) en toute innocence nos amis britanniques aux frontons de leurs portiques frontaliers, d’agglomérer les Others sous un vocable unique et générique. Pour nous, Imazighen et autres peuples d'Afrique et du Moyen-Orient, c'est une dénomination générique et distanciante : Les Arabes. Connotations colonialo-racistes comprises. Par définition comme dirait Eric Zemmour. Cela me rappelle cet imprimeur du 9-3, Français intégré lui, et qui, dans les années 70-80, devait faire la grosse grosse moitié de son Ca avec les producteurs parisiens de musique mahgrébine, de chanson kabyle surtout, alors. Sur les étagères de son bureau étaient classés les dossiers de ses clients par ordre alphabétique. Logique. Mais vu par le petit bout de la lorgnette de l'arabo-racisme, cela avait donné quelque chose comme ceci :

ABxxx, ACxxx, AMxxx, AZxxx, BALxxx, BARBES, BATxxx, CHAxxx etc...

Victime consentante du racisme, le panarabisme trouve normal d'en quelque sorte accorder à autrui ce dont il estime gratifiant qu'on l'applique à lui. Et cela remonte à loin. N'est-ce pas que la France d'avant Badinguet, en son temps, faisait déjà rêver de ses "Arabes", et de son "Empire" du même nom ?

En racisme comme en économie, les valeurs refuges ont toujours la vie dure.

 

À venir : 2/2 Algérien, Amazigh, Libre Penseur : Ça Vous Va? ...

 


 Said110226 Sources des illustrations :

Sarkozy-Kadafi : idata.over-blog.com, Candela et  Mondarabe : casafree.com

  Badinguet à Alger, 1865 : dotclea,  Katia Bengana : kabyles.net, Boudiaf : Newpress.com, Sadi_Cncd : Afp.

 Version interactive sur AlgeriaFaraDaSe.Net. Merci de relayer autour de vous, notamment vers des vecteurs médiatiques : enseignants, presse, associations, syndicats, partis politiques, élus (maires, députés, sénateurs), politiques (chefs d’Etats, ministres…).

Ps : Mis à part les think-tankers de Bush avec leur Grand Moyen Orient et cela sans que le nationalisme réputé sourcilleux et ombrageux de nos potentats africains, du Nord tout spécialement, y ait vu matière à se manifester, les nations anglophones, plus logiques et pragmatiques, parlent plus volontiers d’Afrique du Nord et du Moyen Orient pour désigner cette partie du monde. C’est plus cohérent.

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